Les postures de yoga
Originellement, le yoga se limitait à la pratique de postures assises, les "asanas", dédiées à la méditation. Au fil du temps, d’autres asanas ont été créés pour renforcer le corps, équilibrer les chakras (centres d'énergie) et apaiser l’esprit. Lors de l’occupation britannique en Inde, ces postures ont été intégrées aux arts martiaux et à l’entraînement physique, notamment par le Surya Namaskar (postures de la salutation au soleil), puis modifiées avec l’influence des systèmes d’éducation physique occidentaux durant la colonisation. Le yoga a ensuite connu un renouveau axé sur la santé holistique, porté par des grands maîtres de l'Inde comme Kuvalayananda, fondateur du Centre de recherche sur la santé et le yoga. En Occident, avec le mouvement hippie, il a gagné en popularité en mêlant méditation trancendentale, spiritualité et postures, et aujourd’hui, il est principalement associé aux asanas dans la pratique du Hatha-yoga, perçu comme une discipline physique ou de bien-être, souvent au détriment de sa dimension spirituelle originelle.
Pour préserver l'essence du yoga, j’ai élaboré un référentiel éthique des postures de mes cours, intégrant méditation, afin d’orienter professeurs et pratiquants vers une approche fidèle à l’esprit du yoga.
Prémananda Saraswatî (Vincent Bonidan)
Référentiel éthique des postures
Les dix fondamentaux de l’āsana
1. La préparation mentale et spirituelle
Le début d'une séance posturale doit tourjours commencer par une pause sacrée, où le chant de mantras et quelques minutes de méditation tissent une atmosphère de paix intérieure, créant ainsi un terrain fertile pour une pratique profonde, harmonieuse et empreinte de spiritualité.
2. L'ouverture intérieure
Les āsanas ne se limitent pas à une pratique de gymnastique physique, mais constituent des fenêtres ouvertes sur notre monde intérieur, invitant à la méditation dans l'action et à l’écoute profonde de l'âme.
3. La posture un acte de conscience
Chaque posture, telle une empreinte sur le chemin intérieur, a pour vocation de pacifier l’ego, d'éveiller une conscience plus profonde de soi (Chakras), établissant un équilibre sacré entre ombres et lumières.
4. Vers une respiration consciente
La respiration consciente (pranayama), constitue l’une des bases essentielles de la pratique posturale. C’est comme respirer la lumière du silence intérieur, permettant de canaliser l’énergie vitale, d’apaiser le tumulte du mental, et d’étendre la conscience vers des horizons plus vastes, pour une sérénité durable.
5. Une pratique fluide
Les āsanas doivent s’enchaîner très lentement en privilégiant le relâchement entre chaque posture, comme les chapitres d’un récit fluide, guidées par la respiration et la pleine conscience. La pratique posturale se conclut dans une relaxation profonde, où la pureté de l’instant peut s’épanouir pleinement.
6. Un devenir d'équilibre holistique
Les postures d'extension, de flexion, de torsion et d'inversion, agissant à la fois sur les plans physique, vital, mental et énergétique, coexistent et s'influencent mutuellement. Elles orientent l’énergie, relâchent les tensions accumulées, calment le système nerveux et harmonise notre cœur ainsi que notre présence au monde. En cultivant cet équilibre, nous devenons les artisans d’une harmonie profonde, bénéfique tant pour nous-mêmes que pour notre entourage.
7. L'état d'esprit
Considérant le corps comme le temple de l’âme, les postures doivent être abordées avec attention, grâce, sagesse et sérénité, en évitant la hâte ou l’effort excessif. L’āsana n’est pas une simple pratique visant la perfection du corps physique, mais un chemin vers une meilleure connaissance de soi et la libération de nos conditionnements intérieurs.
8. Les postures un moyen et non une fin
Les āsanas ne sont que des passerelles dans la pratique du yoga, destinées à soutenir notre cheminement intérieur. Elles ne doivent pas devenir une fin en soi, ni une quête d’excellence extérieure, ni occuper une place excessive dans notre démarche.
9. Rendre à l'âme sa souveraineté
La posture devient un yoga lorsqu’elle nous relie à notre essence profonde, lui permettant de retrouver sa propre liberté intérieure. Considérant la souveraineté de l'âme comme la grande santé en chacun de nous.
10. La dimension spirituelle comme finalité
Les asanas que l'on inclut dans la pratique du yoga prennent toute leur signification lorsqu'elles sont véritablement reliées à la dimension spirituelle, cette vasteté de notre être. Telle est la véritable beauté et la richesse du yoga : une source inépuisable de sagesse et de lumière, illuminant notre chemin vers une conscience plus haute pour la laisser s’étendre jusque dans le quotidien de nos vies.
Namasté
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