Préma répond aux questions
essentielles sur les cours de yoga
Préma, votre manière d’aborder le yoga depuis l’ouverture de votre lieu de pratique a évolué et se distingue quelque peu de celle que vous aviez enseignée auparavant dans d’autres contextes, notamment au sein d’associations culturelles et sportives.
Pourriez-vous, justement, nous expliquer ce qu’est le yoga, au fond ?
Tout d'abord, le yoga est tout autre chose que tout ce que l'on peut imaginer, et il diffère considérablement de la version que l'on enseigne en Occident. La première chose à savoir, c'est que le yoga n'a rien à voir avec les postures physiques, qui sont apparues beaucoup plus tard et jusqu'à aujourd'hui. Le yoga, en réalité, trouve ses origines dans les Védas, qui signifient "connaissance sacrée". Il s'agit des chants sacrés des sages de l'Inde, qui, lors de leurs méditations, ont saisi une dimension profonde de leur être. C'est une sorte de communion avec l'univers intérieur, un éveil à la nature spirituelle de l'âme.
Vous avez choisi d’approfondir cette pratique en intégrant, en plus des postures, de la rrespiration et de la relaxation : le chant de mantras, quelques minutes de méditation et la lecture d’enseignements spirituels. Pourquoi ce choix, qui, d’ailleurs, ne ressemble en rien à un cours habituel, du moins pour ma part ?
Après vingt ans d'enseignement dans des lieux publics, où je parlais peu ou pas du tout de la dimension spirituelle du yoga, il m’a fallu revenir à ma première rencontre avec cette pratique, qui n’était pas posturale mais méditative. Comme je l’évoque dans mon petit ouvrage Présence de l’âme, le yoga m’est venu comme le souffle des Dieux, directement de l'Inde. Bien que je n’aie jamais foulé cette terre sacrée, tout a commencé à l’âge de 16 ans, lorsque ma vie a pris un tournant précieux : ma rencontre avec une présence rayonnante, Mâ Suryânanda Lakshmî, disciple du grand Maître indien Shrî Aurobindo. Elle a éveillé en moi l’âme du yoga. Mâ incarnait la vie mystique en Occident, incarnant le cœur même de la sagesse de l’Inde où l’unité se révélait au-delà de la diversité.
Plus tard, après un recueillement profond, Mâ m’a donné le nom yogique de Prémananda Saraswatî, qui signifie "la joie de l’amour divin en la Déesse Mère". Ce nom, devenu le mien, accompagne mon âme depuis plus de trente-cinq ans. Porté par cette bénédiction, Mâ m’accompagne chaque jour, guidant chacun de mes pas sur un chemin d’unité, où le silence chante l’harmonie d’un tout. Aujourd’hui, cette présence est plus vivante que jamais en moi. Le yoga que j’enseigne aujourd'hui est celui qui m’amène au plus profond de moi-même, dans l’esprit des Védas : un yoga qui éveille en chacun de nous une vision plus élevée et une compréhension plus profonde du monde, dans la beauté de l’instant présent et la clarté de nos âmes.
Pourriez-vous nous expliquer la place que vous accordez aux postures dans vos cours actuels, en lien avec l’approche plus spirituelle du yoga que vous souhaitez transmettre ?
Les postures et les techniques de respiration, bien qu’important dans la pratique moderne, ne constituent pas l’origine du yoga. Elles sont apparues bien plus tard, vers le XIVe siècle, et ont pris une place encore plus significative dans l’histoire de l’Inde au XIXe siècle. Comme je le rappelle souvent lors des cours hebdomadaires, ces postures, ces exercices respiratoires et la relaxation n’ont qu’un seul objectif : canaliser notre énergie, affiner notre présence au monde, la qualifier et la purifier. Ce sont des outils qui nous aident à préparer le corps et l’esprit pour une expérience plus profonde, plus spirituelle, du yoga. En réalité, le vrai yoga, celui qui mène à l’unité et à la connaissance de soi, va bien au-delà des postures physiques.
Les postures ont de la valeur, uniquement si l’on s’éveille à la dimension spirituelle. Certes, le yoga contemporain nous aide à développer un état d’équilibre et de santé, ce qui est précieux. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que le véritable but du yoga va bien au-delà de notre préoccupation pour le corps physique. Il s’agit de se tourner vers l’intérieur, vers une recherche d’unité et de connaissance profonde de soi, qui transcende les aspects purement physiques pour toucher à l’essence même de l’être.
Ne redoutez-vous pas que cette approche plus sacrée du yoga ne soit pas toujours comprise ou acceptée par les élèves qui suivent vos cours ?
Il est vrai que certains peuvent rencontrer des difficultés, encore attachés à une vision du yoga centrée principalement sur la consommation du bien-être. Certains pourraient ainsi perdre intérêt ou décider de se retirer. Cependant, d’autres, au contraire, découvrent dans mes cours une profondeur nouvelle qui nourrit leur âme. Depuis l'ouverture de ce nouveau lieu de pratique et avec cette évolution, 80 participants assistent régulièrement à mes séances, ce qui est déjà une belle marque de confiance pour un seul professeur. Cela témoigne, en toute simplicité, de la force et de la beauté de ce yoga spirituel, qui offre une humble opportunité de se reconnecter à soi-même et de s’initier à une véritable transformation intérieure.
Préma, pourriez-vous me parler de l'importance des mantras dans votre pratique et leur place dans vos cours ?
Les mantras, issus d’une longue transmission spirituelle, jouent un rôle essentiel dans la pratique du yoga. Ils naissent du silence intérieur et permettent d’élever la conscience, en opérant d’abord dans l’esprit pour favoriser une transformation profonde. Le son Om, symbole universel, apaise l’âme et ouvre la voie à la reconnexion avec notre essence profonde. Accueillir un mantra au début du cours de yoga, c’est inviter notre lumière intérieure à se réveiller.
Dans les cours, vous expliquez que la méditation est essentielle avant la pratique des postures. Pouvez-vous nous en dire plus ?
La méditation, ou Dhyana, révèle une facette souvent oubliée ou inexplorée de notre être : notre essence profonde. C’est un moment précieux où, en se libérant des turbulences du monde et de nos réactions, on calme et recentre l’esprit, comme un souffle léger apaisant un lac au matin. Assis en silence, les yeux clos, on devient témoin de chaque respiration, se reconnectant au flux universel qui nous ramène à la présence de notre âme. En s’abandonnant à cette clarté intérieure, s’ouvre la voie à une pratique des postures sur une base saine, ancrée dans la paix et la conscience.
Pendant les cours, vous évoquez fréquemment la Déesse Mère, qui fait partie de la sagesse de l'Inde. Pourriez-vous expliquer pourquoi et en dire davantage à ce sujet ?
La Divinité ou Déessse Mère, véritable reflet de la sagesse, constitue la plus belle réponse à l’énigme de toute la vie. Elle incarne l’énergie originelle, la flamme sacrée du yoga, où résonne le précieux son Om. Source infinie de toute création, elle relie la matière à l’âme et est présente en chaque être, selon la sagesse de l’Inde, au centre de notre front. C’est sa force lumineuse qui m’accompagne et m’inspire à chaque séance. Sans la Déesse Mère, sans cette reconnaissance intérieure, tout perdrait son sens profond, et l’obscurité de l’inconscient me serait insupportable, même pendant les cours. En fin de compte, le yoga que j’enseigne est celui des Védas, de la Divinité cachée qui sommeille en chacun de nous.
Que signifie, pour une personne comme moi qui évolue dans vos cours, le fait que vous terminiez les séances de yoga en nous offrant des pétales de rose en guise d'offrande ?
Lorsque je termine les séances de yoga en vous remettant des pétales de rose, cela représente bien plus qu’un simple geste. Ces pétales sont une offrande d’amour universel, le cœur même du yoga. Ils symbolisent l’éveil de la beauté intérieure, la purification de l’esprit et l’accueil de l’énergie sacrée qui a été cultivée durant la séance. C’est une invitation à conserver cette vibration de paix et de lumière en soi, et à accueillir chaque nouveau jour avec cette essence de pureté et de tendresse que la rose évoque. C’est aussi dans cet amour plus grand pour la vie en chacun de nous que le yoga trouve sa véritable essence et son rayonnement profond.
Merci, Préma, pour ces précieuses précisions. Pour conclure notre entretien, souhaitez-vous partager un dernier message ?
La vie elle-même est un yoga. La divinité en est l’origine, cette source ultime, silencieuse, qui sommeille en chacun de nous depuis bien avant notre naissance. Elle représente notre véritable essence, notre devenir à tous. C’est en reconnectant avec cette présence sacrée que nous pouvons véritablement vivre en harmonie avec nous-mêmes et avec le tout.
Namasté
Pour les autres informations, cliquez sur les liens ci-dessous :
